Paysages… Traces… Silences
Dijon, Atheneum — mercredi 7 mai 2025, 20h
Les étudiants de l’Ecole Supérieure de Musique – Bourgogne-Franche-Comté, présentent leurs compositions électroacoustiques, instrumentales et mixtes issues des ateliers de recherche et création coordonnés par Vincent-Raphaël Carinola.
Après « Les fleurs du mal » et « Le parti pris des sons », la thématique de cette nouvelle édition nous invite à découvrir des paysages sonores inouïs, contemplatifs, habités par des musiques où seuls subsistent des fragments érodés par le temps, vestiges silencieux d’une origine oubliée.
Avec Juram Jeong, José Jonas Yajure (voix), Éléonore Brundell (saxophone), Marie Le Dreff-Fouesnel (cor), Éléna Rosen, Jonathan Marceau dit Clément (trompettes), Arnaud Gedda (trombone), Pauline Thomas-Muller, Corentin Rameau, (guitares), Émeline Jolivot (violon), Charline Aury (violoncelle).
Programme
Pauline Thomas-Muller, Cinq lieux I : Belgrade, pour ensemble de chambre
…où les échos d’une ville marquée par le temps résonnent à travers les timbres des instruments.
Clémence Ribère, Balade, pièce acousmatique
Cette pièce évoque une balade en nature modifiée par logiciel. On y retrouve le chant des oiseaux et le vent joué à l’accordéon (par l’usage d’un registre aiguë et le travail du soufllet), mêlé à des rebonds de piano et un bourdonnement joué au violon. On y entend aussi des pas joués par les cliquetis de l’accordéon, rapellant les traces laissées sur la terre, entouré du paysage de la nature.
Éléna Rosen, On Time After Time, pour trompette et électronique
La matière première de cette pièce est extraite du standard de jazz “Time After Time”, qui signifie en français “au fil du temps”. Cette pièce est inspirée par la version de Chet Baker qui mêle voix chantée et doux son du bugle, ainsi que par la version de Ella Fitzgerald, qui offre une autre énergie présente dans ses accompagnements accentués par les cuivres. Ce matériau a été transformé pour produire un paysage dans un premier temps placide, marqué de sonorités furtives. Dans un deuxième temps, il se développe dans des élans sombres et dans des apparitions plus reconnaissables du thème, avant de revenir au calme initial.
Émeline Jolivot, Cinq lieux II : Ceann Sibeal, pour ensemble de chambre
…où les mélodies cherchent à traduire la beauté sauvage du lieu, la force des éléments et la profondeur du silence atlantique.
Amandine Adam, Plus rien ne bouge, pièce acousmatique
Proposition 1 :Chaque objet était posé là, inerte. Proposition 2 : Fenêtre fugace sur un monde avant son extinction. Proposition 3 : Sons agaçants assez mal agencés.
Juram Jeong, Paysage exotique, pour voix et électronique
C’est une pièce pour le son de la nature surtout la pluie et les oiseaux avec des ingrédients variés : de la poésie, des paroles, de la musique électroacoustique, de la musique contemporaine, de la musique coréenne traditionnelle etc.
Pauline Thomas-Muller, Nature et métamorphose, pièce acousmatique.
Dans un écrin sonore où le vent murmure à travers les instruments et la forêt crépite sous l’archet, un thème de guitare se révèle et déforme. Suivez ce voyage auditif où la mélodie initiale se charge de nouvelles sonorités avant de retrouver sa simplicité première.
Arnaud Gedda, Cinq lieux III : Hangai, pour ensemble de chambre
…où l’auditeur est invité à ressentir l’étendue de paysages immenses et les traces d’une culture nomade ancestrale.
Marie Le Dreff-Fouesnel, Lumière diaphane, pour cor et électronique
Entre apparition et effacement, la pièce cherche à capter la beauté dans ce qui s’efface. Entre souffle et matière électronique, le cor traverse un paysage altéré. Des sons fragiles, dessinent un paysage sonore fait de traces, de souffles, de résonances lointaines.
Maelenn Huet, Par la fenêtre du train, pièce acousmatique
Un voyageur regarde par la fenêtre d’un train les paysages qui défilent. Les zones d’activités humaines alternent avec des espaces champêtres. Cette pièce retranscrit en musique ces différents tableaux qui se succèdent. Le périple se termine par un passage dans un tunnel avant l’entrée en gare.
Corentin Rameau, Vision d’Asturies, pour guitare et électronique
Vision des Asturies est une composition mélangeant guitare, bande sonore, et effets. Créée à partir de sons de guitare modifiés et agencés sur ordinateur, la bande sonore a vocation à appuyer le jeu de guitare. des arpèges et des impacts introduisent un thème guitaristique avant de vous immerger dans un paysage sonore espagnol. C’est un hommage à la musique de de Falla par la citation du thème de Asturiana, des sept chansons populaires espagnoles. mais aussi un voyage immersif avec des effets produits en direct plongeant l’auditeur dans une bulle sonore. un voyage dans le temps et l’espace.
Alban Chauvetet, J’ai quitté ce port, pièce acousmatique
Pièce composée avec des sons électroacoustiques, dont un saxophone, un texte et une trompette avec effets. L’histoire raconte d’une jeune fille qui quitte son lieu pour un nouveau séjour.
Charline Aury, Cinq lieux IV : Tomin, pour ensemble de chambre
…où la clarté de la rivière Soča et la majesté des montagnes se murmurent dans une ambiance apaisante qui invite à la contemplation.
José Jonas Yajure, Ecos de la Llanura, pour voix et électronique
Ecos de la Llanura est une composition en trois mouvements, inspirée par la vastitude et la richesse culturelle de la plaine vénézuélienne. La première partie, douce et lointaine, évoque l’aube naissant avec des sons de violons délicats et des textes murmurés, tirés du poème Mata del Alma Sola d’Alberto Arvelo. La deuxième partie, tumultueuse, s’inspire de la section centrale de la Cantata Criolla de Antonio Estévez, compositeur vénézuélien du XXe siècle, compositeur de renom dont ses œuvres fusionnent habilement la musique classique européenne avec les rythmes et mélodies traditionnels de son pays. Dans cette section des chants puissants portent les mots d’Arvelo, symbolisant une tempête émotionnelle. Enfin, la troisième partie se conclut par un chœur de voix masculines, représentant la sérénité retrouvée et l’unité spirituelle de la plaine. Cette œuvre est une fusion harmonieuse de poésie, de musique traditionnelle et de paysages sonores, offrant une expérience immersive et poétique.
Nikita Nazarov, Tequila Nazarov, pièce acousmatique
Jonathan Marceau dit Clément, Archétypes, pour trompette et électronique
Dans cette pièce, vous pourrez découvrir au fil des 3 mouvements les différents profils du son de la trompette. Dans Archétype I : Brume de Rituel, les respirations et souffles créent une brume sonore préparant au rituel chanté par la trompette dans une sonorité bouchée de 1/2 pistons . Dans Archétype II :Marche et Élévation, on retrouve les qualités martiales et incisives de l’instrument à travers un paysage sonore qui semble familier. L’élévation qui suit propose de se laisser flotter au gré des lignes mélodiques, et à se laisser bercer dans les textures environnantes rappelant l’esprit de la musique française. Enfin, Archétype III : Ballade s’ouvre dans un paysage sonore aux accents de jazz feutré. Cette matière est générée en direct, par des algorithmes faisant appel à l’aléatoire et l’imprévisible. Elle forme le socle mouvant sur lequel l’interprète improvise. La trompette y cherche sa voie. Archétypes s’achève là où l’instant se retrouve suspendu.
Maxime Lagneau, NaturIA, pièce acousmatique
Cette création expose différents tableaux représentants la faune et la flore robotisées qui s’efforcent de chercher un équilibre entre le monde artificiel et les sensations/émotions d’un monde plus naturel, plus réel. NaturIA serait donc un monde inversé où l’informatique, les technologies, l’intelligence artificielle,… feraient partie intégrante du début de l’histoire de l’humanité et où le monde actuel souhaite développer activement une nature moins artificielle afin de tisser une toile entre notre intelligence, nos sens et nos émotions.
Éléonore Brundell, Cinq lieux V : Divio’s Storm, pour ensemble de chambre
…où l’on explore des paysages urbains, des traces laissées par l’histoire et des silences que recèle notre propre ville.
Claire Jeannerot, Impressions soudaines, pièce acousmatique
Impressions soudaines explore les sentiments d’oppression et d’angoisse qui peuvent s’immiscer en chacun et le cercle vicieux émotionnel qu’ils engendrent.