14 mars 2025, Matière/Mémoire (2006) — Concert —Dijon, Musée des Beaux-Arts — Gionata Sgambaro direction

Matière/Mémoire (2006), pour violon, saxophone, piano, accordéon et dispositif électroacoustique 5.1 sera jouée le 14 mars 2025 au Musée des Beaux-Arts de Dijon, dans le cadre du concert Musiques pour le temps présent organisé par l’École Supérieure de Musique Bourgogne-Franche-Comté.

Gionata Sgambaro, direction.

Avec Clémence Ribere (accordéon), Nikita Nazarov (saxophone), Clara Stehlin (piano) et Emeline Jolivot (violon).

Michael C. Rygel, Tongarra Coal, New South Wales.

Matière/Mémoire à été commandée par le Cefedem de Bourgogne et créée le 19 novembre 2006 au Théâtre Mansart de Dijon par les musiciens de l’ensemble Actem, dans le cadre du Festival Why Note. Il s’agissait d’un concert scénographié par le metteur en scène Thierry Bordereau.

Les quatre mouvements étaient joués séparément au cours d’un concert. Le premier accompagnait l’entrée et l’installation du public dans la salle, et était donc joué en début de concert, le quatrième en fin de concert et les deuxième et troisième étaient insérées entre les autres pièces du programme que voici :

V.-R. Carinola Matière/Mémoire (I), Ch. Ives Remembrance, G. Crumb Four nocturnes (I et II), W. Rihm Fremde Szene I, H. Birtwistle An interrupted endless melody (version I et II), V.-R. Carinola Matière/Mémoire (II), J. Cage The wonderful widow of eighteen springs, Ph. Leroux Phonie douce, S. Sciarrino Esplorazione del bianco, H. Birtwistle Hoquetus Petrus, J. Cage A Flower, V.-R. Carinola Matière/Mémoire (III),  H. Birtwistle An interrupted endless melody (version III),  G. Pesson La vita e come l’albero di natale,  G. Aperghis Le rire physiologique, G. Crumb Four nocturnes (III et IV), Ch. Ives Scherzo, V.-R. Carinola Matière/Mémoire (IV).

Voici la présentation proposée lors de la création en 2006 :

La composition de Matière/Mémoire dépend étroitement des autres pièces du programme de ce concert :  l’Hoquetus Petrus de Birtwistle s’inspire du Hoquet de David de Guillaume de Machaut, qui à la fois s’était inspiré d’un organum de Pérotin, lequel avait été composé sur un chant grégorien (Alleluia Nativitas) du Liber Usualis. Gérard Pesson dit avoir écrit sa Vita è come l’albero di natale sur quelques mesures de la Sonate pour violon et piano de Debussy, lequel voyait dans son dernier mouvement une idée qui tourne sur elle-même comme le serpent qui se mord la queue (lettre à R. Godet, 1917). Cette idée de “mélodie sans fin”, passant d’un compositeur et d’une époque à l’autre (An interrupted endless melody est encore une des pièces qui seront jouées au cours de ce concert) a constitué le fil (du moins un des fils) auquel j’ai cherché à me raccrocher avec le prélude, les deux interludes et le postlude qui constituent Matière/mémoire

C’est une œuvre événementielle :  se rattachant aux musiques d’un passé proche ou lointain, elle prend tout son sens insérée dans ce programme présent. Autre paradoxe : composée à partir des matériaux des pièces qu’elle ponctue, elle cherche, par ses caractéristiques instrumentales, par la distorsion qu’elle fait subir au matériau musical, et par sa mise en espace à se rendre étrange à ces œuvres et, par contraste donc, à leur donner une cohérence d’ensemble.

Écouter un extrait de l’œuvre :